Développement du marché des capitaux : l’ARMC engage le dialogue entre les acteurs du système financier pour renforcer la complementarite.

Ce 30 octobre 2026, l’Autorité de Régulation du Marché des capitaux du Burundi a reuni, banques, assurances, fonds de pension ou encore les acteurs déjà agréés sur le marché des capitaux du Burundi. Ce dialogue a persmis de découvrir la complementarité qui est essentielle pour développer le système financier ainsi que les oppportunités offertes par le marché des capitaux.
D’entrée de jeu, le Directeur Général de l’ARMC, Dr Arsène MUGENZI a indiqué que le marché des capitaux ne vient pas concurrencer les banques ou autres institutions financières et a mis en évidence la nécessité de dynamiser le marché par chaque acteur :
« Pour atteindre la vision 2040-2060, il faudra financer des entreprises qui grandissent, des infrastructures indispensables solides, des logements décents et abordables, une agriculture qui se transforme. », a-t-il rappelé. Et d’ajouter que cela demande des ressources plus abondantes, mais aussi plus diverses et plus longues que celles dont le Burundi dispose aujourd'hui.
Un exemple à tirer des pays de la région.
Dans sa présentation, Nkurunziza Aubin, chargé de la Recherche et de l’Innovation à l’ARMC, a mis en évidence les écarts de développement entre le Burundi et certains pays de la sous-région. Alors que la capitalisation boursière représente 18,2 % du PIB au Rwanda et 12,5 % au Kenya, le marché burundais est encore à ses débuts. De même, les primes d’assurance représentent 0,88 % du PIB au Burundi, contre 1,9 % au Rwanda et 2,63 % au Kenya. Ces comparaisons soulignent l’importance de diversifier les sources de financement et de renforcer la collaboration entre les banques, les assureurs, les fonds de pension et le marché des capitaux, conçu non comme un concurrent, mais comme un levier complémentaire de financement à long terme de l’économie.
Un engagement nécessaire pour chaque acteur
Le directeur général de l’ARMC a appelé les banques, les campagnies d’assurances ainsi que les fonds de pensions à recourir sur le marché des capitaux pour améliorer et développer leurs service et accroitre leur confiance envers leur clientele. Il a expliqué que les banques pourraient y recourir pour améliorer leurs liquidités et satisfaire leur clientèle. Quant aux fonds de pensions, il a fais savoir que le marché des capitaux leur offre une opportunité de diversifier leur portefeuille avec un bon rendement. Se tournant aux compagnies d’assurance, elles peuvent recourir au marché des capitaux pour améliorer la fluidité de leurs services envers leurs clients.
Le Directeur général de la Bourse du Burundi a, pour sa part, souligné le rôle de la Bourse dans la diversification des produits financiers et la mise en relation des acteurs disposant de ressources financières avec ceux qui recherchent des financements. Il a notamment relevé la complémentarité entre les banques, qui disposent généralement de ressources à court terme, et les compagnies d’assurances, dont les ressources s’inscrivent davantage dans le long terme, mettant ainsi en évidence le besoin de mécanismes financiers adaptés à leurs différents horizons d’investissement.
Pour renforcer la complémentarité entre les acteurs de l’écosystème financier, Boaz Nimpe, Secrétaire exécutif de l’Association des banques et établissements financiers, a souligné l’importance d’un meilleur financement des entreprises, d’une couverture plus efficace des risques et d’une sensibilisation accrue du public aux opportunités du marché des capitaux. Il a également plaidé pour des solutions de financements adaptés aux petites et moyennes entreprises (PME), une meilleure reconnaissance du rôle des banques dans le développement du marché des capitaux ainsi qu’une coordination renforcée entre le régulateur et les professionnels du secteur.